Loïc Berger sous la loupe de Datasport
Loïc Berger, 19 ans, coureur d'orientation et de trail, a pulvérisé le record suisse des moins de 20 ans, vieux de 25 ans, lors du semi-marathon international de Barcelone. Avec un temps de 1h07:21, le médaillé d'argent des CE U20 en course de montagne de l'année dernière est resté plus de deux minutes en dessous du précédent record.
Semi-marathon de Barcelone
Je l’ai pris comme un défi personnel et j’ai beaucoup appris durant la préparation et la course sur ce type d’effort. C’est aussi la première course à pied pour laquelle je me suis autant préparé de manière spécifique. Le jour J, j’étais en grande forme et j’ai réussi à atteindre mon objectif, donc je suis vraiment content.
Objectifs 2025
Je veux courir les Championnats suisses de cross. Ce n’est pas un objectif majeur, mais il fait partie de ma préparation. Mon principal objectif de la saison est le Championnat du monde de course d’orientation en Italie (Trentin) début juillet, où j’espère obtenir de bons résultats, avec une médaille en équipe et au moins un top 10 individuel. Ensuite, il y a les Championnats du monde de trail en Espagne (Canfranc-Pirineos) fin septembre, où je vise un top 10. Pour finir, si tout se passe bien, j’aimerais également participer aux Championnats d’Europe de cross en fin d’année.
Course d’orientation
C’est mon sport préféré. Il demande d’excellentes qualités physiques sur tous les plans : endurance, puissance, dynamisme, mais aussi une grande lucidité dans l’effort dû à la lecture de carte. Cela en fait un sport extrêmement exigeant.
Trail running
J’adore courir, et le trail s’intègre parfaitement dans ma préparation tout au long de la saison de course d’orientation. En plus d’y prendre du plaisir, j’ai eu la chance de participer à des compétitions internationales et d’y obtenir de bons résultats.
Coach
D’un point de vue physique, je construis moi-même mon plan d’entraînement et m’entraîne principalement seul. Mon père joue un rôle de superviseur : grâce à son expérience, il m’apporte un regard extérieur précieux et des conseils avisés.
Sur le plan technique et mental, des aspects fondamentaux en course d’orientation, les connaissances qu’à mon père sont un énorme atout. Minimiser les erreurs, faire les bons choix d’itinéraires dans des terrains variés à travers le monde demande beaucoup de préparation et de l’expérience. Mon père a couru a beaucoup d’endroit dans le monde et possède une grande expérience des compétitions internationales, ce qui m’aide énormément.
Je fais aussi partie de l’équipe suisse junior de course d’orientation, avec laquelle nous réalisons régulièrement des camps d’entraînement.
Philosophie d’entraînement
J’écoute beaucoup mon corps et dois être extrêmement flexible. En course d’orientation, nous avons des compétitions presque tous les week-ends de mai à octobre, ce qui rend la périodisation quasi impossible. Je me concentre donc sur quelques objectifs majeurs et, en fonction des périodes, je réalise des blocs spécifiques d’intervalles, en privilégiant la qualité plutôt que le volume. Avec mes études qui me prennent du temps, je dois optimiser chaque séance pour être efficace sans accumuler de fatigue excessive.
Volume d’entraînement
Comme mentionné plus tôt, je privilégie la qualité au volume. Je cours entre 65 et 95 km par semaine, soit 6 à 9 heures d’entraînement hebdomadaires, en plus de toute la préparation technique et mentale.
Études
Je suis en première année en tant qu’ingénieur informatique à la HE-Arc de Neuchâtel. Pour l’instant, je la suis à 100 %, mais je vais passer à 50 % dans un an pour mieux concilier sport et formation.
Ma force
J’ai de très bonnes capacités physiques en tant que coureur d’orientation. Je suis aussi très déterminé : une fois que je me lance dans un projet, je m’investis à fond et je suis prêt à faire les sacrifices nécessaires pour réussir ce qui fait que je suis assez sérieux et assidu dans mon entraînement.
Ma faiblesse
D’un point de vue technique, j’ai encore des lacunes en course d’orientation. Je fais encore souvent des erreurs en compétition qui me coûtent beaucoup de temps et que je n’arrive pas toujours à compenser physiquement :)
La recette de mon succès
Depuis mon plus jeune âge, j’ai passé beaucoup de temps dehors, fait des randonnées de plusieurs jours... Cela m’a permis de développer une bonne base d’endurance très tôt. Ensuite, à partir de 16-17 ans, j’ai commencé à m’entraîner de manière plus structurée.
A partir de ce moment-là, Il n’y a pas de secret : je m’entraîne dur, de manière régulière et le plus intelligemment possible, en écoutant mon corps pour éviter les blessures et en optimisant au mieux l’équilibre entre études et sport. Cela fait maintenant 2-3 ans que je suis dans cette dynamique et les résultats commencent à se voir. J’espère que cela continuera ainsi !
Pourquoi les coureurs d’orientation sont rapides ?
Dès le plus jeune âge, nous sommes bien encadrés par des équipes, d’abord au niveau cantonal, puis national, ce qui nous permet d’apprendre rapidement à nous entraîner intelligemment.
La course d’orientation est aussi un sport extrêmement exigeant qui demande rigueur et perfectionnisme, des qualités qui, selon moi, poussent les orienteurs à exceller en course à pied (trail et route).
Enfin, en Suisse, le niveau est très élevé. La concurrence nous pousse à nous dépasser et à progresser constamment, ce qui se ressent lorsque nous arrivons dans d’autres disciplines.
Chaussures en carbone
Ce n’est pas la chaussure qui fait le coureur ! Beaucoup de personnes accordent trop d’importance au matériel, alors qu’une bonne nuit de sommeil et une alimentation équilibrée valent bien plus que n’importe quelle paire de chaussures.
Cela dit, une fois que nous essayons d’optimiser quelques facteurs fondamentaux, les chaussures en carbone permettent d’être – ou du moins de se sentir – plus rapide. Mais je pense que l’évolution du poids de la chaussure, proportionnellement à la taille et au dynamisme de la mousse, ainsi que l’effet placebo jouent un rôle majeur.