Pourquoi votre motivation de janvier vous a lâché… (et comment la tenir toute l'année)
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Nous sommes début février. Soyons honnêtes un instant : où en sont les engagements que vous avez pris avec enthousiasme le 1er janvier ? Pour beaucoup, les baskets restent souvent dans le placard, l'abonnement à la salle est moins rentabilisé et les bonnes excuses («il fait trop froid», «je suis trop fatigué») commencent à reprendre le dessus.
Ne vous inquiétez pas, c'est un phénomène presque normal. Alors pour durer, il faut comprendre ce qui se passe dans votre tête et appliquer une nouvelle stratégie.
Pourquoi le «soufflé» retombe-t-il toujours après le 15 janvier ?
Ce décrochage n'est pas un manque de volonté, c'est un mécanisme de protection de votre cerveau. En janvier, lorsque vous fixez vos objectifs, vous visualisez le résultat final (passer la ligne d'arrivée, avoir perdu 3 kg, être en forme). Cette simple visualisation libère de la dopamine, l'hormone du plaisir. Vous êtes «boostés» à l'idée de la réussite, sans avoir encore fait le moindre effort.
Mais en février, la réalité vous rattrape. La récompense est encore loin, alors que l'effort, lui, est immédiat et coûteux en énergie. Votre cerveau, programmé pour économiser ses ressources et préférer le confort, tire la sonnette d'alarme. L'enthousiasme émotionnel du début ne suffit plus à contrer la pénibilité de l'effort. C'est là que le piège se referme.
L'erreur classique : attendre d'être «motivé»
Le problème majeur est de compter sur la motivation. La motivation est un ressenti. Plus précisément, c’est un processus cognitif et physiologique complexe. Par définition, elle est instable, volatile et dépend de facteurs que vous ne maîtrisez pas (la météo, votre fatigue, les événements de la journée). Attendre d'être motivé pour aller courir, c'est comme attendre qu'il fasse grand beau pour aller travailler : ça n'arrivera pas tous les jours.
La solution n'est pas de chercher la motivation, mais d'installer la discipline.
Contrairement à la motivation qui est un ressenti, la discipline est une décision. C'est un pacte que vous passez avec vous-même. C'est la capacité à faire ce qui doit être fait, indépendamment de vos envies du moment. La discipline ne pose pas la question «Est-ce que j'ai envie ?», elle affirme «C'est ce qui est prévu».
Voici 3 astuces pour dompter votre cerveau et installer cette régularité.
1. La règle du «Jamais deux fois»
Le piège des résolutions, c'est le perfectionnisme. Si on rate une séance à cause du travail, on culpabilise, on se dit «c'est fichu pour cette semaine», et on risque d’abandonner les autres séances de la semaine.
L'astuce : Adoptez une règle simple : vous avez le droit de rater une séance (fatigue, urgence, flemme). C'est OK. Mais vous n'avez jamais le droit de rater deux séances consécutives. Si vous loupez celle du mardi, celle du jeudi devient non-négociable, peu importe la durée ou l'intensité. Rater une fois est acceptable ; rater deux fois de suite est le début d'une nouvelle habitude : celle de l'inactivité. Cette règle vous permet d'être flexible sans jamais décrocher.
2. La technique du "Chemin sans friction"
La discipline s'effrite à la moindre contrainte. Si vous devez chercher vos chaussettes dans le panier à linge, charger votre montre et trouver vos clés à 6h du matin, vous n'irez pas courir.
L'astuce : Préparez tout la veille. Le sac doit être prêt devant la porte. La tenue doit être sortie. En supprimant les micro-obstacles décisionnels, vous économisez votre énergie mentale pour l'effort physique. Vous ne laissez pas le choix à votre esprit de trouver une excuse logistique.
3. Le plan «Si... Alors...»
La vie est pleine d'imprévus qui cassent la routine. C'est souvent là que l'on abandonne.
L'astuce : Prévoyez des plans B à l'avance pour ne pas être pris au dépourvu.
- «Si il pleut des cordes et que je ne veux pas sortir, alors je fais 30 minutes de renforcement musculaire dans mon salon.»
- «Si je finis le travail trop tard, alors je décale ma sortie à samedi matin mais je fais 15 minutes d'étirements ce soir.» L'objectif est de ne jamais annuler, mais d'adapter.
La performance ne vient pas uniquement des exploits réalisés quand on est super motivé. Elle vient de la répétition des efforts ordinaires, réalisés les jours où l'on n'en avait pas envie. C'est cela, la vraie discipline.
A vos baskets, c’est parti !
Fort de 30 ans d'expérience, Benoît Zwick est un expert de la performance sportive, spécialisé dans la préparation mentale. Il est le fondateur de Nexoo, la plateforme de référence conçue pour démocratiser la préparation mentale et la rendre accessible à tous les athlètes.
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