La clé d'une forme optimale

Severin Müller 4. août 2025

@Canva: Pixelshot

Après des semaines d’entraînement, de sueur, de sacrifices, il faudrait... presque tout arrêter? C’est peut-être la phase la plus paradoxale, mais aussi la plus influente de la préparation: le tapering. Une à deux semaines avant la compétition, l’entraînement ralentit mais le corps tourne à plein régime. Beaucoup se sentent coupables de «freiner» ainsi, mais c'est en fait la clé du succès.

Comment fonctionne le tapering ?

Pour ceux qui préparent une compétition, ces 10 à 14 derniers jours sont souvent les plus stressants. On réduit l’entraînement, le corps se repose plus. C’est là que le cerveau trépigne: «Je n’en fais pas assez. Je devrais plus m’entraîner.» Mais c’est l’inverse qui est vrai.

Le tapering – la réduction planifiée du rythme d’entraînement avant une compétition – n’est pas un recul, mais bien la dernière ligne droite. De nombreuses études le montrent: ceux qui réduisent de 40 à 60 % leur temps d’entraînement lors de cette phase, en gardant la même intensité, sont bien plus frais, rapides et efficaces le jour de la course.

Avec le tapering, le corps active des mécanismes fascinants qu’il a moins l’occasion d’utiliser au quotidien :

  • Les micro-lésions musculaires se réparent, les inflammations se calment.
  • Les réserves de glycogène et d’énergie se rechargent entièrement, le corps est au maximum de sa performance.
  • Le taux d’hormones se stabilise : les hormones du stress (p. ex. le cortisol) baissent, le système immunitaire reprend des forces.
  • La coordination neuromusculaire s’améliore, le corps gagne en mobilité.

Avec cette pause, le corps ne s’immobilise pas, il reprend son équilibre et n’en devient que plus fort.

Pour une fois, il faut faire taire sa mauvaise conscience

Le tapering en demande moins au corps mais plus à la tête. Beaucoup de coureurs et coureuses ont l’impression de «ne pas en faire assez» lors de cette phase. Mais c’est justement le moment où le plus grand effort, c’est d’en faire moins.

Dans les derniers jours, vous n’allez pas gagner en performance, mais vous pouvez en revanche tout perdre: il suffit d’être fatigué ou sursollicité sur la ligne de départ. Partir bien reposé, c’est courir avec énergie, certitude et confiance en soi.

La mauvaise conscience peut bien prendre des vacances. En effet :

  • Vous ne vous entraînez pas «moins», mais de manière plus ciblée.
  • Votre corps a le temps de tirer un profit optimal de l’entraînement.
  • Vous vous préparez mentalement au lieu de vous épuiser physiquement.

Profitez de ce calme, il est mérité. Croyez en votre entraînement et vous pourrez savourer le départ avec cette conviction : vous êtes prêt !

Le tapering, mode d’emploi :

  • Quand :
    7–10 jours avant une course de 10 km.
    10–14 jours avant un semi-marathon ou un marathon.
  • Volume d’entraînement :
    Réduisez le volume d’entraînement hebdomadaire de 40 à 60 %, comparé à votre semaine d’entraînement la plus intensive.
  • Intensité :
    Gardez une à deux séances plus intensives mais plus courtes (p. ex. course d’accélération, intervalles fractionnés tranquilles) pour que votre corps reste « actif ».
  • Fréquence :
    Pour garder le rythme, courez aussi souvent que d’habitude, mais moins longtemps.
  • Repos & sommeil :
    Accordez-vous plus de sommeil, plus de pauses et une meilleure alimentation. Les bénéfices seront immédiats.